Terrorisme. Les ressorts de la menace (« Le Télégramme », 19 août 2017)

Recueillement autour d'un mémorial improvisé à Barcelone, sur l'avenue Las Ramblas, le lieu de l'attaque. Trois jours de deuil national ont été décrétés dans le pays.

Après Nice, Londres, Stockholm ou Berlin, à Barcelone, c’est une nouvelle fois un véhicule bélier qui a semé la terreur au coeur de l’Europe. Face à une menace jihadiste qui évolue, il devient indispensable d’en comprendre les tenants et les aboutissants afin de modifier nos dispositifs législatifs en conséquence.

Peut-on « déradicaliser les radicaux » ?

D’où qu’ils proviennent, les jihadistes, partis au Moyen-Orient, suscitent l’espoir des États de les « déradicaliser ». Mais, malgré les sommes colossales engagées à cet effet, les échecs sont patents, singulièrement en France. D’associations incompétentes en pseudo-spécialistes autoproclamés, de fausses solutions de milieux carcéraux spécialisés renforçant les enragés ou de centres de déradicalisation comme celui de Pontourny (Indre-et-Loire), on a essayé beaucoup de choses, en ratant tout !
Que faire des terroristes « repentis » ?
Très liée à la précédente, cette question relève d’une réalité inquiétante : selon une évaluation récente, 750 Français se trouvaient en mars dernier sur le territoire de Daesh, dont 450 enfants ! 217, dont 54 mineurs, seraient revenus depuis cette période. Dans un rapport rendu en juillet, les sénatrices Esther Benbassa et Catherine Troendlé appellent au recours à des « dispositifs de droit commun, en mettant l’accent sur l’individualisation, l’accompagnement sur mesure et la transversalité de la prise en charge en vue de la réinsertion, et en ménageant un équilibre entre l’intervention sociale et les exigences de sécurité ».
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